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La reddition de Lyon

 

       Ce "placard" allemand a été publié à Nuremberg par Georg Lang, graveur sur bois et éditeur d'origine hollandaise. Il s'agit de l'exemplaire d'une gazette populaire illustrée des événements du royaume de France. L'opinion publique, chez les protestants voisins de la France, suit en effet attentivement les épisodes de la guerre civile française, comme par exemple la reddition de la ville de Lyon à Henri IV au début du mois de février 1594, après cinq ans de rébellion.  

 

 

 

La reddition de LyonSource : Nuremberg, Georg Lang, 1594, cliché Bnf., Cbt. des Estampes, M 88372

 

Traduction de l'affiche

 

               Relation véritable de ce qui s'est produit comme joie dans la ville de Lyon, une fois                     
      qu'elle s'est rendue au roi de Navarre, le 7 février de l'année 1594.         

         En ce 7 février de l'an 1594, les sieurs consuls et échevins et tous ceux de la ville de Lyon ont effectué avec une grande joie la bonne résolution qu'ils avaient prise et arrêtée de se soumettre à l'obéissance du roi Henri IV, par la grâce de Dieu roi de France et de Navarre. C'est un jour vraiment heureux qui doit être marqué d'une croix blanche ; durant huit jours de suite, tout le peuple a porté avec allégresse l'écharpe blanche et le panache blanc, allumé des feux de joie sur toutes les places et crié haut et clair, et de bon coeur, "Vive le roi". Les cris de bonheur accompagnés de trompettes et de clairons résonnaient, ainsi que les feux de l'artillerie, comme ceux de toutes sortes de canons. 
         L'un des capitaines pennons expose sur une façade le portrait de Sa Majesté en pied presque grandeur nature, en armure avec l'écharpe et inscrit dans une mandorle de lauriers. C'est un grand tableau fait de la main de quelque excellent peintre, exposé avec grand honneur en un lieu très visible, suspendu au mur de l'Hôtel de ville et de là montré au peuple par l'un des capitaines pennons à tête nue, prononçant à voix haute : voici le portrait de notre roi, il veut nous confirmer dans la religion catholique apostolique et romaine. Obéissons-lui, prions Dieu pour la prospérité, la santé et une longue vie, et crions tous "Vive le roi, bonheur au roi". 
         Ensuite, ce même tableau a été porté place du Change, laissé là les jours suivants, offert au regard des habitants et à celui de l'assemblée du peuple, le découvrant à grand bruit d'acclamation, de joie et de cris : "Vive le roi, bonheur au roi". Deux jours après cette réduction, ce valeureux et grand capitaine Alphonse d'Ornano, qui avait été invité à venir, se rend à Lyon avec diligence pour assister la ville avec ses troupes de cavalerie et d'infanterie, qu'il a fait depuis entrer et marcher contre Thoissey, comme bon serviteur du roi et bon catholique qu'il est. 
          En cette joie publique à laquelle tous les gens de bien ont pris part, réjouissez-vous, ville et province lyonnaise avec vos voisins, vous qui avez tant désiré la venue de ce jour qui dissipe les brouillards et les nuages de la rébellion défigurant votre beauté. Tout comme la venue du soleil, les ombres de la nuit et les ténèbres se vident et font place à ce grand luminaire du monde. C'est pourquoi chacun peut se réjouir encore une fois et oublier les ennemis et les misères passées que vous avez subies. Rendez grâce à la bonté divine de vous avoir réveillé d'un profond sommeil et de la léthargie qui avait fermé vos yeux et occulté tous les sentiments, et vous empêchait de connaître et de sentir votre mal.     
Traduction personnelle.

 

 

 

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